A priori et biais de confirmation

A priori et biais de confirmation

Nous avons tous des a priori qui ont été appris avec le temps ou développés de façon autonome. C’est un principe de base de survie au même titre que les réflexes et les suites de mouvements du quotidien contribuent à rendre notre existence beaucoup plus simple. Pas besoin de se poser toutes les questions existentielles à tout instant : plusieurs ont été classées comme « réglées » dans le passé et font désormais partie de notre bagage interne.

C’est là qu’entre en jeu le piège qui vient en contrepartie de ces raccourcis machinaux. Remettre une chose en question nécessite de l’énergie et du temps, un investissement. C’est coûteux. Ça peut être déstabilisant. Il est beaucoup plus réconfortant pour l’esprit de pouvoir se réfugier dans une certitude pré-établie.

Prenons un exemple bête et concret. Je te prends pour un con, admettons. Pour une raison quelconque, j’ai comme préjugé ou post-jugement, renforcé d’une manière ou d’une autre, que tu es un imbécile. C’est une prémisse assez courante dans la vie de tous les jours et au besoin, remplacer le qualificatif « con » pour tout autre : méchant, pas bon, incapable, mal-intentionné, ou bien toute la gamme positive correspondante si vous préférez (génial, intelligent, bon, altruiste, etc.), ça ne change rien au principe qui tient toujours…

Ce principe est le suivant : partant de l’a priori que mon interlocuteur est un imbécile, tout ce qu’il dira, ce qu’il fera ou semblera être correspondra à mon a priori. Parce que mon cerveau, au contact de l’adversité, cherchera par tous les moyens à trouver les preuves qui confirment ma position qui est considérée comme une affaire classée. Je ne suis plus à l’écoute de tous les événements, mais seulement à ceux qui confortent ma position. Mon esprit peut alors retourner se réfugier au chaud dans le confort de son lit douillet. On appelle ce phénomène le biais de confirmation.

À mon sens, nul ne peut affirmer « ne pas avoir d’a priori » bien présents et actifs dans leur esprit sans avoir fait une démarche sincère de « remise à zéro » de toutes ses croyances, préférences, automatismes, préjugés. Un « reset » que l’on doit appliquer continuellement au quotidien un peu comme une pratique sportive ou spirituelle. Ça demande un effort. C’est pourtant la solution à bien des conflits, différends, guerres, chocs culturels et politiques contemporains et ce, dans les microcosmes autant que dans le macrocosme de nos existences. Sans cet effort quotidien de déconstruction, on reste prisonnier de ses propres certitudes.

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